synopsis

À 14 ans, la vie de Sophie bascule. Elle se retrouve dans un camp de travail surréaliste, sans gardes, ni sentinelles. Sophie y fera la rencontre d’Ana qui deviendra son amie et qui lui tiendra compagnie dans cet endroit confus. Mais juste au moment où Sophie semble enfin se libérer, Ana la supplie de ne pas partir. Sophie choisira-t-elle de rester avec son amie Ana ?

pourquoi ce film

La faim fait souffrir, mais la privation est bonne
Rien n’est aussi bon que la sensation d’être mince
- anonyme | ana-by-choice.com

Et si vous étiez une jeune fille normale, intelligente, mais que personne ne pouvait vous en convaincre? Et si votre insécurité et votre confiance en vous faussaient votre perception au point d’en devenir malade? Mon amie Ana est un court métrage de fiction qui explore la dépendance à l’image extérieure, les troubles de l’alimentation et le contrôle de la pensée.

Il existe beaucoup de documentaires et de films de fiction sur les troubles de l’alimentation et leurs effets dévastateurs sur la jeune fille et sa famille. Avec ce court métrage, cependant, j’aborde la question sous un autre angle. Mon amie Ana explore le monde intime et secret d’une jeune fille aux prises avec l’anorexie mentale. Comme toutes les femmes qui souffrent de troubles de l’alimentation, Sophie est prisonnière – prisonnière de ses propres perceptions et de sa réalité tordue, qui lui renvoient l’image d’une fille grosse et nulle. Elle vit dans un monde de peur et d’isolement, où la crainte de prendre du poids devient une obsession et où elle doit se replier sur elle-même pour ne pas dévoiler son secret. Les anorexiques comme Sophie deviennent leur propre ennemie quand «Ana» s’empare de leur esprit et leur dicte un régime de vie sévère auquel elles doivent adhérer. Tout écart de conduite signifie l’échec et entraîne une punition.

Malheureusement, le comportement anorexique n’est pas l’apanage des filles squelettiques que l’on doit nourrir de force à l’hôpital. Un pourcentage élevé de filles et de femmes anorexiques ne perdront jamais assez de poids pour être diagnostiquées comme telles, ou réussiront toujours à cacher leur comportement et leur perte de poids à leur entourage. Même si elles ne sont pas étiquetées comme «malades», ces femmes vivent aussi dans une prison contrôlée par «Ana».

Et quand la jeune fille est finalement «guérie» de son trouble alimentaire, la bataille est loin d’être gagnée. La prison surgit toujours du fond de sa mémoire, tentante et menaçante, pour la convaincre de revenir. Pas une journée ne passe sans qu’elle ne pense calories, exercice physique frénétique, reflet désespérant du miroir. Elle évite les magazines de mode qui déclenchent un sentiment d’insatisfaction complet et sont une tentation supplémentaire de replonger dans le cycle. Et parfois, quand elle est déprimée, elle continue de croire qu’être mince règlerait ses problèmes.

Peu de films ont dépeint les tourments internes d’une jeune fille, sa propre perception d’elle-même et du monde qui l’entoure. Dans Mon amie Ana, j’ai voulu montrer que Sophie n’est pas une excentrique ou une laissée pour compte, mais une jeune fille normale, dans la moyenne, prisonnière de sa propre pensée.

pourquoi maintenant - ou mon inspiration

Mot de la réalisatrice

En navigant sur Internet, je suis tombée sur un site terrifiant. Des photos de filles nues ou à moitié nues, aux côtes et au bassin saillants, et dont les jambes et les bras n’avaient que la peau et les os. L’entête de la page annonçait fièrement des «Beautés anorexiques». J’étais horrifiée. Qui pouvait réellement trouver ces photos attirantes? Une recherche plus poussée m’a permis des constater qu’il y avait des centaines de sites comme celui-là, créés par des «pro-ana» (anorexie).

Des sites ont été créés par des jeunes femmes qui souffrent de troubles de l’alimentation et qui veulent aider d’autres filles à atteindre leurs objectifs de perte de poids. Cela n’a rien à voir avec les sites de diètes «régulières» pour atteindre un poids santé; ici, les filles échangent ouvertement des trucs pour survivre avec 200 calories par jour, gérer la faim et la perte de menstruations. Elles mentent à leurs parents, amis et professeurs qui pourraient avoir des doutes sur leurs buts et contrecarrer leurs objectifs de minceur.

Je me suis rendue compte que ces jeunes femmes embellissaient leur maladie en la faisant paraître comme un choix, un style de vie à la mode. Elles idolâtrent l’anorexie et lui ont donné un petit nom - Ana. Elles lui vouent un culte et l’acceptent dans leur vie puisqu’elles croient qu’Ana a le pouvoir de leur donner confiance et de les rendre importantes aux yeux des autres.

En voyant ces photos, en lisant leurs mots, de mauvais souvenirs me sont revenus en tête. Quand j’avais 16 ans, je voulais perdre 5 livres, mon «gras de bébé». Mais ce qui a commencé par une diète inoffensive est vite devenu une condamnation à l’insécurité et à la supercherie. Pendant trois ans, j’ai menti à mes parents, refusé de manger, fait chaque jour des heures d’exercice frénétique, et je me fasais vomir quand je mangeais quoi que ce soit de plus substantiel qu’une carotte. Et je n’étais pas la seule. La cafétéria de l’école était remplie de filles qui se vantaient de leurs exploits hypo-caloriques et hyper-sportifs. L’estime de soi se mesurait en calories, en taille de vêtements et à la visibilité des côtes.

Sur un site (fermé depuis par Yahoo!), j’ai trouvé plusieurs poèmes de jeunes femmes qui tentaient d’exprimer la relation amour/haine qu’elles entretiennent avec leur maladie.

Ana est l’ange et le démon. Elle est mon amie et mon ennemie.
Parfois je voudrais qu’elle reste pour toujours et parfois je voudrais qu’elle parte.
Elle me rassure quand je suis déprimée, elle me réconforte et me détourne des tentations, des douleurs de la faim, des crampes, de mon corps qui s’agite.
Elle est toujours avec moi, elle me dit quoi faire – quand manger – quand dormir – quand faire de l’exercice – et quel poids je dois viser.
Elle est là quand j’ai mal, quand je souffre.
Quand je perds des pouces et des livres de gras, je la sens qui approuve, comme si elle me souriait discrètement.
Mas si je prends du poids ou que je cède à la tentation, le courroux d’Ana se déchaîne avec son lot de culpabilité et de haine.
Je suis fatiguée de me cacher du reste du monde, fatiguée des secrets, des mensonges, des déceptions.
L’obésité est une maladie, mais personne ne s’offusque quand une personne obèse engloutit trois desserts de suite.
Un fumeur choisit son mode de vie et personne ne le lui reproche, même s’il se fait du tort et qu’il empoisonne son entourage avec sa fumée.
Alors pourquoi disent-ils que je suis malade?
Pourquoi froncent-ils les sourcils? Pourquoi agitent-ils le poing?
Je ne fais rien de mal! Vous ne voyez pas que c’est un mode de vie?
Je veux voir saillir mes os magnifiques et me sentir aussi légère que la pluie. Je veux être mince, plus que tout. Après tout, il faut souffrir pour être belle!

- Fière d’être Pro-Ana, de Lauren, tiré de www.jaoii.lunarpages.com

Je suis guérie, mais je sais à quel point la ligne est mince entre la réalité et l’enfer. J’avais l’habiture de regarder les photos de modèles dans les magazines en espérant leur ressembler. Je cessais de manger après avoir entendu les filles de l’école se vanter d’être affamées. Les jeunes doivent savoir que l’anorexie n’a rien de sensuel ou de prestigieux, peu importe à quel point on devient mince. Ce n’est pas un choix de vie mais une maladie qui peut vous emprisonner pour la vie.

Statistiques et recherche

Des chiffres sur les troubles alimentaires au Canada

 

Productions Multi-Monde

4067 blvd.St-Laurent, suite 201
Montréal, QC. H2W 1Y7 Canada
+ 1 (514) 842.4047
info@myfriendanathefilm.com
www.pmm.qc.ca